Gibier

Le canard colvert : description, habitat et chasse

Publié le 30 juillet 2026 · agrainoir.com

Canard colvert mâle nageant sur un plan d'eau
Richard Bartz / Wikimedia Commons

Le canard colvert est le canard sauvage le plus répandu et le plus connu d'Europe. Présent sur presque tous les plans d'eau, étangs, marais et rivières, il incarne le gibier d'eau par excellence. Son mâle à la tête vert brillant est immédiatement reconnaissable, tandis que la femelle, brun tacheté, se fond dans la végétation. Voici son portrait détaillé : silhouette, dimorphisme, habitat, alimentation et pratique de la chasse.

Le canard colvert : description et dimorphisme

Le canard colvert est un canard de surface de taille moyenne, mesurant environ 50 à 65 cm de long pour une envergure de 80 à 100 cm et un poids courant de 0,8 à 1,4 kg. C'est chez cette espèce que le dimorphisme sexuel, la différence d'apparence entre le mâle et la femelle, est le plus spectaculaire.

Le mâle, ou colvert au sens strict, arbore en plumage nuptial une tête et un cou vert métallique, séparés du poitrail brun-marron par un fin collier blanc. Son bec est jaune verdâtre et son croupion porte de petites plumes recourbées bien visibles. Ce plumage éclatant n'est toutefois pas permanent : en été, le mâle connaît une mue dite d'éclipse et revêt momentanément une livrée terne, proche de celle de la femelle, avant de retrouver ses couleurs à l'automne. La femelle, la cane, présente au contraire un plumage brun-beige finement moucheté, un camouflage idéal pour couver ses œufs au sol. Les deux sexes partagent un même signe distinctif : le miroir alaire bleu-violet bordé de blanc, visible sur l'aile en vol comme au repos. Cette manière de nommer chaque sexe rejoint la logique du vocabulaire cynégétique, comme le rappelle notre guide des espèces chassables.

Habitat et mode de vie

Le canard colvert est un oiseau des zones humides, à l'aise sur une grande variété de milieux : étangs, lacs, marais, rivières lentes, mares et même bassins urbains. Il apprécie les eaux peu profondes bordées de roselières et de végétation, qui lui offrent nourriture et couvert. Cette souplesse d'adaptation explique sa très large répartition et sa présence régulière sur les territoires de chasse.

C'est un canard de surface : il ne plonge pas véritablement, mais bascule le corps vers l'avant, tête sous l'eau et arrière-train dressé, pour fouiller le fond. Sédentaire dans une grande partie de son aire, il voit ses effectifs renforcés en hiver par des populations migratrices venues du nord et de l'est de l'Europe. Sa présence structure toute une communauté de gibier d'eau que l'on retrouve dans notre panorama de la faune locale.

Le colvert vit en couples au printemps, puis en groupes le reste de l'année. La femelle niche au sol, à couvert dans la végétation dense, où elle pond une dizaine d'œufs qu'elle couve seule. Les canetons sont nidifuges : ils quittent le nid dès leur naissance et suivent leur mère à l'eau, capables de nager et de se nourrir presque aussitôt. Cette autonomie précoce, ajoutée à un régime souple et à un habitat varié, explique pourquoi l'espèce reste abondante là où beaucoup d'autres oiseaux d'eau ont décliné.

Régime alimentaire

Le canard colvert est omnivore et opportuniste, ce qui contribue à sa réussite. Son régime varie selon les saisons et les ressources disponibles. Il consomme des graines, des plantes aquatiques, des racines et des herbes, mais aussi des invertébrés : insectes, larves, petits mollusques et crustacés, particulièrement recherchés au printemps par les femelles pour la ponte.

En automne et en hiver, la part végétale domine, avec une nette attirance pour les céréales tombées dans les chaumes et les grains de maïs. Cette appétence pour le maïs et les graines est bien connue des gestionnaires : c'est le principe de l'agrainage du gibier d'eau, que nous détaillons dans notre article sur l'agrainoir pour canard. Un apport de nourriture régulier permet de maintenir et de fixer les canards sur un plan d'eau, dans le cadre d'une gestion raisonnée du territoire.

La chasse au gibier d'eau

La chasse du canard colvert est l'une des pratiques emblématiques de la chasse au gibier d'eau. Elle se déroule au bord des plans d'eau et dans les marais, souvent à des heures particulières : la passée du matin et la passée du soir, quand les canards se déplacent entre leurs zones de repos et de gagnage.

Une technique traditionnelle consiste à disposer des appelants, ces formes flottantes ou ces canards vivants qui attirent les oiseaux de passage vers le poste de chasse. Nous consacrons un article complet aux appelants pour la chasse au gibier d'eau, un savoir-faire à part entière. Le chasseur de hutte ou de tonne se poste avant l'aube, à l'affût, pour profiter des vols matinaux.

Comme pour toute espèce, la chasse du colvert est encadrée par la réglementation. Les périodes de chasse du gibier d'eau, les modalités de prélèvement et les horaires font l'objet de dispositions particulières qui varient selon les départements. Pour connaître les règles applicables, il faut se référer au schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) et se rapprocher de sa fédération départementale des chasseurs (FDC). Aucune date ni quantité ne saurait être donnée de façon universelle : ces éléments relèvent de chaque département.

En résumé

Le canard colvert, avec son mâle à la tête verte et sa cane brune, est le canard sauvage le plus familier d'Europe et le pilier de la chasse au gibier d'eau. Omnivore, adaptable, présent sur tous les milieux humides, il se prête à une gestion par l'agrainage et se chasse à la passée, à l'aide d'appelants. Pour élargir le tableau, découvrez d'autres migrateurs dans notre portrait de la palombe, autre grande figure de nos territoires.