Publié le 28 novembre 2023 · agrainoir.com
En France, la chasse est encadrée par le Code de l'environnement, complété chaque année par des arrêtés ministériels et préfectoraux : c'est ce triptyque qui fixe qui peut chasser, quoi, quand, où et comment. Aucun chasseur ne peut s'en remettre à ses habitudes : les règles évoluent régulièrement, et une partie d'entre elles se décide au niveau du département. Cet article fait le point sur l'architecture de cette réglementation, les grands domaines qu'elle couvre et la bonne méthode pour rester à jour.
La réglementation de la chasse s'organise en plusieurs étages complémentaires :
Conséquence pratique : une pratique autorisée dans un département peut être interdite dans le département voisin. Le réflexe de base est toujours de vérifier l'arrêté préfectoral et le SDGC de son propre département.
Chasser exige d'être titulaire du permis de chasser, validé pour la saison en cours, avec une assurance responsabilité civile chasse à jour. Le parcours complet — formation, examen, validation annuelle — est détaillé dans notre article sur le permis de chasse.
On ne chasse que les espèces dont la chasse est autorisée, pendant les périodes d'ouverture fixées par arrêté. Ces dates varient selon les espèces et les départements : consultez notre article sur les saisons de chasse pour comprendre la logique du calendrier, et l'arrêté de votre préfecture pour les dates exactes. Certaines espèces sont en outre soumises à un plan de chasse (attribution de bracelets, notamment pour le grand gibier) ou à des prélèvements maximaux autorisés.
La détention et le transport des armes de chasse obéissent à des règles précises : arme déchargée et placée sous étui lors des transports en véhicule, catégories d'armes autorisées, munitions adaptées. Les modes et moyens de chasse sont également encadrés — certains procédés sont purement et simplement prohibés, comme l'usage d'aéronefs pour rechercher ou poursuivre le gibier.
Sujet central pour les gestionnaires de territoire : l'agrainage du grand gibier, en particulier du sanglier, est encadré par le schéma départemental de gestion cynégétique. Selon les départements, il peut être autorisé sous conditions (agrainage de dissuasion, périodes, modalités de distribution, distances aux cultures ou aux routes), restreint ou interdit. Avant d'installer un agrainoir à sanglier ou tout dispositif de nourrissage, lisez le SDGC de votre département et, en cas de doute, interrogez votre FDC. Bien pratiqué, l'agrainage raisonné est un outil de gestion qui protège les cultures et fixe le gibier ; mal pratiqué, il expose à des sanctions.
La sécurité fait l'objet de règles nationales renforcées ces dernières années — port du gilet fluorescent, signalisation des chasses collectives, formation continue des chasseurs. Le décret 2023-882 a marqué une étape importante sur ce terrain, et notre article dédié à la sécurité à la chasse détaille les règles et bonnes pratiques à appliquer sur le terrain.
Au-delà de la contrainte, la réglementation poursuit trois objectifs qui servent directement les chasseurs :
Une chasse sans cadre exposerait la faune à la surexploitation et les chasseurs à la disparition de leur activité. La réglementation est, de fait, la condition de la durabilité de la chasse.
Les sources fiables sont peu nombreuses et faciles à identifier :
Méfiez-vous en revanche des règles « entendues à la chasse » ou lues sur des forums : elles sont souvent périmées, ou valables ailleurs mais pas chez vous. En matière réglementaire, seule la source officielle du moment fait foi.
La réglementation française de la chasse s'articule entre le Code de l'environnement, les arrêtés ministériels et préfectoraux et le schéma départemental de gestion cynégétique. Elle couvre le permis, les saisons, les espèces, les armes, l'agrainage et la sécurité. Le bon réflexe tient en une phrase : avant chaque saison — et avant toute nouvelle pratique, comme l'installation d'un agrainoir — vérifier les textes en vigueur dans son département auprès de la FDC, de la préfecture ou de Légifrance.