Publié le 30 juillet 2026 · agrainoir.com
Le lièvre d'Europe est l'un des gibiers de plaine les plus recherchés et les plus étudiés de nos campagnes. Souvent confondu avec le lapin, il s'en distingue pourtant par sa taille, sa morphologie et surtout son mode de vie. Coureur véloce, solitaire et attaché aux milieux ouverts, le lièvre déploie une biologie de la reproduction particulièrement originale. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce gibier, de la différence avec le lapin à sa chasse.
Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) et le lapin de garenne appartiennent tous deux à la famille des léporidés, mais ce sont deux animaux bien différents. La confusion est fréquente, alors qu'ils ne se ressemblent qu'en apparence.
Le lièvre est nettement plus grand et plus lourd : il pèse couramment de 3 à 5 kg, contre environ 1 à 2 kg pour le lapin de garenne. Il possède de très longues pattes arrière et de grandes oreilles souvent terminées de noir, adaptées à la course et à la détection des dangers. Sa robe fauve gris, plus contrastée, le distingue aussi du lapin.
La différence la plus marquante tient au mode de vie. Le lapin de garenne est un animal social, qui creuse et occupe des terriers en colonies. Le lièvre, lui, est solitaire et ne creuse pas de terrier : il se repose à même le sol, dans une simple dépression du terrain appelée « gîte », dissimulée dans un champ ou une friche. Autre différence essentielle, les levrauts naissent couverts de poils et les yeux ouverts, prêts à bouger, alors que les lapereaux naissent nus et aveugles au fond d'un terrier.
Le lièvre est un animal des milieux ouverts. Il fréquente les plaines cultivées, les prairies, les friches, les bocages et les lisières, où il trouve à la fois nourriture et espaces dégagés lui permettant de détecter et de fuir les prédateurs. Il évite les massifs forestiers denses et préfère la mosaïque agricole faite de cultures, de bandes enherbées et de haies.
C'est un animal essentiellement nocturne et crépusculaire. Le jour, il reste tapi dans son gîte, immobile, comptant sur son camouflage. La nuit, il s'active pour se nourrir et se déplacer. Herbivore strict, le lièvre consomme des herbes, des jeunes pousses, des feuilles, des écorces et diverses plantes cultivées ou sauvages selon les saisons. Son régime le rend sensible à la qualité et à la diversité de la flore de son territoire.
Le lièvre est un coureur exceptionnel : il peut atteindre de grandes vitesses sur de courtes distances et changer brusquement de direction pour semer un poursuivant. Cette course rapide est sa principale défense, avec l'immobilité et le camouflage. Pour situer le lièvre parmi les autres animaux du terrain, notre guide de la faune locale donne le cadre général.
La reproduction du lièvre est particulièrement prolifique et étalée dans le temps. La saison de reproduction s'étend sur une large partie de l'année, souvent du milieu de l'hiver jusqu'à l'automne, permettant plusieurs portées successives.
La gestation dure environ six semaines. La femelle, la hase, met bas à même le sol de 2 à 4 levrauts en moyenne par portée. Les levrauts naissent déjà développés, poilus et les yeux ouverts : dès les premières heures, ils sont capables de se déplacer et se dispersent rapidement dans la végétation, où la mère vient les allaiter à intervalles espacés. Cette autonomie précoce contraste fortement avec la naissance des lapereaux.
Le lièvre présente aussi une particularité physiologique remarquable : la superfétation, c'est-à-dire la capacité, chez la hase, de porter simultanément deux portées à des stades de développement différents. Ce mécanisme accroît le potentiel de reproduction de l'espèce sur une saison. Malgré cette prolificité, les populations de lièvres restent sensibles à la prédation, notamment par le renard roux, aux maladies et aux pratiques agricoles.
Le lièvre est un gibier de plaine très prisé, chassé de plusieurs manières. La chasse devant soi, avec des chiens qui le débusquent et le poursuivent, met en valeur ses qualités de coureur. Il se chasse aussi en battue et, dans certaines régions, avec des chiens courants qui le mènent à la voix. Sa vélocité et sa ruse en font un gibier exigeant et respecté.
La gestion du lièvre repose souvent sur un suivi attentif des populations, car son abondance varie fortement d'une année et d'un secteur à l'autre. L'aménagement du territoire, avec le maintien de couverts, de bandes enherbées et d'une flore diversifiée, favorise l'espèce, tout comme la maîtrise de la prédation. Le lièvre figure parmi les espèces chassables de nos campagnes, souvent en compagnie des mêmes petits gibiers que l'on cherche à soutenir par un agrainage raisonné, avec des postes conçus pour le petit gibier tout en écartant le sanglier.
Les modalités précises de sa chasse, périodes, prélèvements et éventuels plans de gestion, sont fixées localement par le schéma départemental de gestion cynégétique et la fédération départementale des chasseurs, et varient d'un département à l'autre.
Le lièvre d'Europe se distingue nettement du lapin par sa taille, ses longues pattes, son mode de vie solitaire sans terrier et ses levrauts nidifuges nés poilus et clairvoyants. Herbivore nocturne des plaines, coureur redoutable, il déploie une reproduction prolifique et étalée, marquée par la superfétation. Sa gestion combine suivi des populations, aménagement des milieux et maîtrise de la prédation, dans le respect des règles locales de chasse propres à chaque département.