Publié le 30 juillet 2026 · agrainoir.com
La perdrix est un petit gibier de plaine et de coteau emblématique de la chasse française. Sous ce nom se cachent en réalité deux espèces bien distinctes : la perdrix grise, oiseau des grandes cultures du nord et de l'est, et la perdrix rouge, plus méridionale, attachée aux terres sèches et pierreuses du sud. Trapue, discrète et grégaire, la perdrix vit en compagnies et niche au sol. Voici tout ce qu'il faut savoir sur sa description, ses milieux, ses moeurs et sa chasse.
La perdrix grise (Perdix perdix) et la perdrix rouge (Alectoris rufa) se ressemblent par la silhouette : un petit galliforme rond et compact, d'une trentaine de centimètres de longueur, pesant le plus souvent entre 350 et 550 g. Mais leur plumage les distingue nettement.
La perdrix grise porte une robe brun gris finement vermiculée, avec une face rousse et, chez l'adulte, une tache brune en forme de fer à cheval sur le ventre. Elle est l'oiseau des openfields, des grandes plaines céréalières du nord de la France. La perdrix rouge, elle, se reconnaît à son bec et ses pattes rouges, à ses flancs rayés de noir, de blanc et de roux, et à un collier noir moucheté sur la gorge blanche. Elle est typique des coteaux, garrigues et terres sèches du sud.
Chez les deux espèces, le dimorphisme sexuel est faible : mâle et femelle se ressemblent beaucoup. La perdrix ne se confond avec aucun autre gibier à plumes de nos campagnes, même si elle partage souvent les mêmes milieux que le faisan. Pour la replacer parmi les autres oiseaux du terrain, notre guide de la faune locale offre une vue d'ensemble.
La perdrix est étroitement liée aux milieux agricoles ouverts. La perdrix grise recherche les plaines de grandes cultures ponctuées de haies, de talus et de bandes enherbées, qui lui offrent couvert et nourriture. La perdrix rouge préfère les paysages plus secs et vallonnés : coteaux, vignes, friches, garrigues et sols caillouteux du pourtour méditerranéen et du centre.
Son régime est mixte. Adulte, la perdrix consomme surtout des graines, des jeunes pousses, des feuilles et des bourgeons. Mais les poussins, appelés perdreaux, dépendent des insectes durant leurs premières semaines de vie. Cette ressource protéique est vitale pour leur croissance, ce qui explique la sensibilité de l'espèce à l'appauvrissement des milieux en insectes. Les bordures de champs riches en flore sauvage et en petite faune sont donc essentielles à la survie des jeunes.
Comme le faisan, la perdrix est un oiseau terrestre qui court plus volontiers qu'il ne vole, et qui ne s'envole qu'au dernier moment, dans un décollage rapide et sonore, avant de se reposer un peu plus loin.
La perdrix est un oiseau grégaire une bonne partie de l'année. Hors période de reproduction, elle vit en groupes familiaux appelés compagnies, souvent constituées d'un couple et de sa nichée, qui se déplacent et s'alimentent ensemble. Cette vie en compagnie renforce la vigilance face aux prédateurs.
Au printemps, les compagnies se dissolvent et les couples se forment. La perdrix est monogame, contrairement au faisan. La femelle installe son nid à même le sol, une simple cuvette dissimulée dans la végétation d'une haie, d'une bande enherbée ou d'un champ. Elle y dépose une ponte souvent abondante, pouvant compter une dizaine à une vingtaine d'oeufs, qu'elle couve environ trois à quatre semaines. Les perdreaux sont nidifuges et suivent leurs parents dès l'éclosion.
Cette nidification au sol expose fortement la perdrix à la prédation, notamment par le renard roux et les corvidés, ainsi qu'aux fauches et aux travaux agricoles précoces. La qualité du couvert et la présence de zones refuges pèsent donc lourd dans le succès des nichées et dans le maintien des populations.
La perdrix est un gibier réputé pour la chasse devant soi, avec un chien d'arrêt qui la localise et la fait lever. Sa tendance à courir avant l'envol et son décollage explosif en groupe en font un gibier technique, aussi exigeant pour le chien que pour le tireur. Elle se chasse aussi lors de journées organisées et de battues à la plaine.
Comme pour d'autres oiseaux de plaine, on distingue les populations naturelles, dont la présence dépend de la qualité des habitats, et les lâchers d'oiseaux d'élevage destinés au repeuplement ou à la chasse. L'agrainage aide à fixer les oiseaux et à compléter leurs ressources hivernales : les postes conçus pour le petit gibier tout en écartant le sanglier évitent que le maïs distribué ne profite qu'aux suidés, et un agrainoir à faisan convient aussi à la perdrix. Le succès d'un repeuplement dépend avant tout de l'habitat et de la limitation de la prédation, bien plus que du nombre d'oiseaux relâchés.
La perdrix figure parmi les espèces chassables de nos campagnes. Les modalités précises de sa chasse, périodes et prélèvements, sont fixées localement par le schéma départemental de gestion cynégétique et la fédération départementale des chasseurs, et varient d'un département à l'autre.
La perdrix, grise dans les plaines du nord ou rouge sur les coteaux secs du sud, est un petit gibier grégaire, terrestre et nicheur au sol. Son régime mixte, la dépendance de ses poussins aux insectes et sa vulnérabilité à la prédation en font une espèce sensible à la qualité des milieux agricoles. Sa gestion repose sur l'aménagement du territoire, la maîtrise de la prédation et un agrainage raisonné, dans le respect des règles locales de chasse propres à chaque département.