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La femelle du chevreuil : tout savoir sur la chevrette

Publié le 30 juillet 2026 · agrainoir.com

Chevrette, la femelle du chevreuil, dans une prairie
Richard Lydekker / Wikimedia Commons

La femelle du chevreuil porte un nom précis : la chevrette. Contrairement à une idée reçue tenace, ce n'est ni une « biche », ni une « femelle de cerf » : la biche est la femelle du cerf élaphe, un tout autre animal. La chevrette est la femelle de l'espèce Capreolus capreolus, le chevreuil, notre plus petit cervidé. Discrète, territoriale et remarquablement attentive à ses petits, elle joue un rôle central dans la dynamique des populations. Voici son portrait complet.

Comment s'appelle la femelle du chevreuil ?

Le vocabulaire du chevreuil est simple une fois qu'on le connaît. Le mâle est le brocard, que nous détaillons dans notre article sur le brocard. La femelle est la chevrette. Le jeune de l'année est le faon, qui devient chevrillard dans sa première année. On rencontre parfois le terme « brocarde » dans le langage courant, mais le mot juste et employé par les chasseurs et les naturalistes reste « chevrette ».

Cette précision de vocabulaire évite la confusion la plus fréquente, qui consiste à parler de biche pour désigner une femelle de chevreuil. Pour éviter durablement ce piège, notre article chevreuil ou biche montre pourquoi ces deux animaux n'ont rien à voir.

À quoi ressemble une chevrette ?

La chevrette a la même silhouette légère et élégante que le mâle : un petit cervidé d'environ 60 à 75 cm au garrot, pour un poids courant de 20 à 30 kg. Sa robe est fauve-roux en été, gris-brun en hiver, avec une tache claire bien visible à l'arrière-train, le « miroir », qui a une forme caractéristique.

Le premier critère qui la distingue du brocard est l'absence de bois : la chevrette n'en porte jamais. Là où le mâle arbore de petits bois durant une partie de l'année, la tête de la chevrette reste lisse en toute saison. En hiver, un détail aide aussi les observateurs avertis : la chevrette présente souvent une petite touffe de poils à l'arrière-train, la « pinceau anal », absente chez le mâle. Ces repères permettent de sexer les animaux à distance, ce qui est essentiel pour une gestion raisonnée des prélèvements.

Un animal territorial et discret

La chevrette mène une vie discrète, sur un domaine vital réduit qu'elle occupe fidèlement. En dehors de la période d'élevage des jeunes, elle peut se regrouper avec d'autres chevreuils, notamment en hiver, quand les animaux forment de petites hardes sur les zones de gagnage. Au printemps et en été, en revanche, elle se fait plus solitaire pour mettre bas et élever son faon à l'écart.

Comme tous les chevreuils, la chevrette est active surtout à l'aube et au crépuscule. Elle fréquente les lisières, les bosquets, les jeunes plantations et les zones de bocage, où elle trouve à la fois couvert et nourriture. Son régime est celui d'un cueilleur sélectif : jeunes pousses, feuilles, bourgeons, ronces, fruits forestiers. Pour approfondir ce point, notre article détaille ce que mange le chevreuil au fil des saisons.

La reproduction et la naissance du faon

Le cycle de reproduction de la chevrette a une particularité biologique remarquable. Le rut a lieu en été, en juillet-août. Mais après la fécondation, l'œuf entre dans une phase de repos appelée diapause embryonnaire : le développement ne reprend réellement qu'en fin d'année. C'est ce mécanisme qui explique une gestation apparente très longue et une mise bas décalée au printemps suivant, en général en mai-juin. Notre article sur la gestation du chevreuil revient en détail sur ce phénomène unique parmi les cervidés d'Europe.

À la mise bas, la chevrette donne le plus souvent naissance à un ou deux faons, parfois trois chez les femelles en bonne condition. Les faons naissent tachetés de blanc, un camouflage efficace dans la végétation. Durant les premiers jours, ils restent tapis, immobiles et quasiment inodores, pendant que la mère s'alimente à proximité et revient régulièrement les allaiter.

Une mère attentive : ne jamais toucher un faon

Le comportement de la chevrette avec ses faons est source d'un malentendu qu'il faut connaître. En découvrant un faon seul, tapi dans l'herbe, beaucoup de promeneurs croient l'animal abandonné. Il ne l'est presque jamais : la mère n'est pas loin et reviendra. Toucher ou déplacer le faon peut au contraire conduire la chevrette à le délaisser, car l'odeur humaine perturbe le lien. La bonne conduite est simple : ne pas toucher, s'éloigner, et prévenir si besoin les personnes compétentes.

Cette période de mise bas coïncide malheureusement avec les fauches de prairies, cause de mortalité importante chez les faons. Les chasseurs, agriculteurs et gestionnaires de territoire mettent en place des mesures de prévention, car la survie des jeunes conditionne l'avenir des populations.

Le rôle de la chevrette dans la population

La chevrette est la clé de la dynamique du chevreuil sur un territoire : c'est elle qui assure le renouvellement. Une gestion sérieuse tient compte du sex-ratio et de la condition des femelles, car une population équilibrée repose sur des chevrettes en bonne santé, dans un habitat de qualité. Savoir reconnaître la chevrette, comprendre son cycle et respecter ses périodes sensibles fait donc partie de la connaissance de base de tout chasseur gestionnaire et de tout amateur de nature. Pour resituer cet animal dans l'ensemble des espèces d'un territoire, notre guide de la faune locale offre une vue d'ensemble utile.