Publié le 24 novembre 2023 · agrainoir.com
La chasse à l'arc est un mode de chasse autorisé en France, ouvert à tout titulaire du permis de chasser ayant suivi la formation spécifique obligatoire dispensée par le réseau des fédérations des chasseurs. Sa particularité : des distances de tir courtes, qui imposent de s'approcher très près du gibier — et font de cette discipline l'école la plus exigeante qui soit en matière d'approche, de patience et de connaissance des animaux. Voici ce qu'il faut savoir avant de se lancer.
À l'arc, pas de lunette ni de portée longue : la flèche tue par hémorragie, grâce à une lame tranchante, et n'est efficace qu'à courte distance sur un animal calme et bien placé. Tout l'art consiste donc à combler la distance — ou à laisser l'animal la combler pour vous. Cela change radicalement la pratique par rapport à la carabine :
En France, la pratique de la chasse à l'arc nécessite, en plus du permis de chasser validé, d'avoir suivi une journée de formation obligatoire organisée par les fédérations départementales des chasseurs. On y apprend la réglementation propre à ce mode de chasse, les règles de sécurité, les zones vitales du gibier et les fondamentaux du tir de chasse. Une attestation vous est remise à l'issue.
Les modalités pratiques (inscription, sessions, documents à présenter) relèvent de votre FDC : contactez-la directement. Et si vous n'avez pas encore le permis, commencez par notre guide sur le permis de chasser. Pour le détail des règles applicables (armes autorisées, conditions d'emploi), reportez-vous aux textes officiels en vigueur et à votre fédération — la réglementation évolue, seule la version officielle fait foi, comme nous le rappelons dans notre article sur la réglementation de la chasse.
Trois grandes familles d'arcs se partagent la chasse :
Le plus répandu chez les chasseurs. Son système de cames démultiplie la puissance et réduit fortement l'effort à maintenir en pleine allonge : on peut viser posément, ce qui pardonne davantage. Équipé d'un viseur, d'un repose-flèche et d'un décocheur, c'est le choix le plus rationnel pour débuter avec un objectif de prélèvement.
Les arcs traditionnels séduisent par leur simplicité, leur légèreté et le plaisir du tir instinctif, sans viseur. En contrepartie, ils exigent un entraînement bien plus assidu pour atteindre une précision de chasse, et les distances de tir éthiques s'en trouvent encore réduites. Beaucoup d'archers y viennent après quelques saisons au compound.
Dans tous les cas, faites-vous accompagner par un archer expérimenté ou un professionnel pour définir votre allonge, la puissance adaptée à votre morphologie et le réglage de l'ensemble arc-flèches. Un arc mal réglé, c'est de la précision perdue et des flèches qui vrillent.
Les flèches de chasse actuelles sont majoritairement en carbone (rigidité constante, robustesse), l'aluminium restant une option classique. Elles sont coiffées d'une lame de chasse tranchante — fixe ou mécanique — dont l'affûtage doit être irréprochable : c'est elle qui fait le travail. Entraînez-vous avec des pointes d'entraînement du même poids que vos lames pour conserver les mêmes réglages.
Posté en hauteur (treestand) ou au sol contre un arbre, l'archer attend le passage du gibier sur une zone fréquentée : coulée, gagnage, point d'eau ou place d'agrainage. L'affût est la technique la plus accessible au débutant : l'animal arrive de lui-même, à distance de tir, et le chasseur immobile est difficile à repérer. Un poste bien choisi près d'un agrainoir à gibier ou d'un agrainoir à sanglier — dans le respect des règles d'agrainage de votre schéma départemental — multiplie les occasions d'observation à courte distance.
La pirsch à l'arc est le sommet de la discipline : progresser pas à pas, vent de face, en exploitant chaque couvert, jusqu'à entrer dans la bulle de l'animal. Chaussures souples, vêtements silencieux, jumelles et une infinie patience. Comptez de nombreuses tentatives avortées pour une occasion de tir — c'est le jeu, et c'est ce qui rend chaque réussite mémorable.
À l'arc plus qu'ailleurs, on ne tire que les situations parfaites : animal calme, de profil ou légèrement trois-quarts arrière, à une distance à laquelle on groupe parfaitement à l'entraînement. Tout le reste, on le laisse passer. En cas de doute après le tir, faites appel à un conducteur de chien de sang : la recherche du gibier blessé est un devoir, pas une option.
L'arc n'exonère d'aucune règle de sécurité : identification formelle avant le tir, prise en compte de l'environnement, port du gilet fluo en battue, arc bandé uniquement en action de chasse. En poste surélevé, le harnais de sécurité est indispensable — les chutes de treestand sont l'accident typique de l'archer. Notre dossier sécurité à la chasse détaille les fondamentaux qui valent pour tous les modes de chasse.
La chasse à l'arc, c'est le choix de la difficulté assumée : une formation obligatoire, un matériel à régler finement, un entraînement régulier et des animaux qu'il faut approcher à quelques pas. En échange, elle offre une intensité de contact avec le gibier qu'aucun autre mode de chasse ne procure, et elle fera de vous un bien meilleur chasseur, y compris à la carabine. Formez-vous auprès de votre FDC, entraînez-vous sérieusement, choisissez vos tirs — et savourez.